Centre de recherche en analyse institutionnel des forces armées

Centre de recherche en analyse institutionnel des forces armées

Description et objectifs

Mission

La mission du Centre de recherche en analyse institutionnel des forces armées (CRAIFA) est de regrouper des chercheurs intéressés à étudier les forces armées sous l’angle de l’analyse institutionnelle et créer des synergies pour offrir un nouveau regard et de nouvelles solutions à la transformation militaire.

Axes de recherche

Adaptation à la guerre irrégulière et dynamiques institutionnelles. Les forces armées sont à la fois des institutions sociales et des organisations fonctionnelles. Elles ont une longévité qui excède de beaucoup celle des individus qui les composent, et elles transmettent des valeurs et des normes qui vont bien au-delà du cadre organisationnel et administratif des forces armées. Dans ce contexte, la guerre irrégulière représente un défi qui dépasse largement les questions techniques et organisationnelles de l’adaptation militaire, car les conflits de cette nature portent directement atteinte à la légitimité institutionnelle des forces militaires classiques. En particulier, l’institution militaire moderne, qui doit être neutre et au être au service de l’État, est souvent amenée à s’impliquer dans conflits irréguliers et elle ne peut échapper au « politique ». Ainsi, il y aura toujours des tensions institutionnelles et des adaptations à faire entre l’action militaire et l’action politique. La véritable question demeure de savoir jusqu’à quel point ces adaptations sont fonctionnelles.

Adaptation aux nouveaux systèmes sociotechniques numérisés et dynamiques institutionnelles. En raison de sa capacité de se transformer et de muter, l’essence même de la technologie numérique laisse entrevoir une course acharnée entre la sécurité et la liberté, le contrôle et la créativité, l’atteinte des buts collectifs et les aspirations personnelles. L’issue de cette lutte dialectique ne dépendra pas des solutions technologiques, qu’on pense à une sécurité accrue, à l’exercice d’un contrôle plus serré ou à une plus grande centralisation par exemple. L’idée que les forces armées, en tant qu’institutions, pourraient façonner leur avenir d’une manière contrôlée et programmée, suivant le modèle de la transformation sociale commandée du haut relève du fantasme, particulièrement lorsqu’on tient compte de la nature anarchique du développement technologique. La véritable question est donc de savoir comment la technologie numérique peut s’inscrire dans un cadre militaire sans créer des tensions institutionnelles profondes.

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